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08/12/2025Investissement locatif : Comment le DPE rebat les cartes du marché à l’approche de 2026
L’année 2025 s’achève sur une note d’incertitude persistante pour le marché immobilier résidentiel. Au-delà des taux d’intérêt et du volume de transactions en berne, une pression réglementaire majeure pèse sur les investisseurs : le calendrier DPE (Diagnostic de Performance Énergétique). L’échéance du 1er janvier 2026, date de l’interdiction de louer les logements classés G, est désormais imminente.
Les professionnels du secteur constatent un changement structurel du marché de l’investissement. L’attractivité d’un bien ne se mesure plus uniquement à son rendement brut ou à sa localisation, mais avant tout à sa performance énergétique. Ce facteur DPE crée un marché à deux vitesses, complexifiant la gestion des portefeuilles clients et les négociations.
Les « passoires thermiques » : de plus en plus difficiles à valoriser
Les études récentes confirment l’impact direct du DPE sur la valorisation des biens. Selon les données compilées par MeilleursAgents et SeLoger en fin d’année 2025, les biens classés G ou F se négocient avec une décote de plus en plus significative par rapport aux biens neufs ou rénovés (A/B/C).
Alors que l’écart de prix moyen entre une « passoire » et un bien performant se situait autour de 10% il y a un an, il atteint désormais 15% à 20% dans les grandes agglomérations. Cette décote est particulièrement marquée sur le marché des studios et des T2, typologie de biens prisée par les investisseurs.
Ce phénomène s’explique par la réticence accrue des banques à financer ces biens énergivores. De plus en plus d’institutions financières exigent des garanties supplémentaires ou conditionnent le prêt à un plan de financement incluant des travaux de rénovation énergétique, rendant le montage financier complexe pour l’investisseur.
Stratégie opérationnelle : gérer le gap entre l’offre et la demande
Face à cette nouvelle donne, l’agent immobilier se retrouve au cœur d’un dilemme : comment concilier les exigences des vendeurs, qui peinent à accepter la décote, et celles des acheteurs, qui craignent l’investissement dans des biens « illouables » à court terme ?
* **Gestion de l’offre et des vendeurs :** La pédagogie est indispensable. Il est crucial de faire comprendre aux propriétaires de biens classés F ou G que leur bien n’est plus un actif immobilier « locatif » standard, mais un bien avec un passif de travaux obligatoire. L’agent doit fournir une évaluation du coût des travaux de rénovation énergétique pour que le propriétaire accepte la décote, ou à l’inverse, qu’il soit incité à réaliser les travaux avant la vente.
* **Gestion de la demande et des investisseurs :** Pour l’acheteur-investisseur, le DPE n’est plus un frein, mais une variable d’ajustement. L’agent doit adopter une posture de conseil en investissement. L’opportunité réside dans l’aide à la projection : quel sera le coût de rénovation pour passer de G à D ? Quel sera le gain de loyer après les travaux ? L’intégration de dispositifs d’aide comme MaPrimeRénov’ ou le Prêt Avance Rénovation est un argument de vente de plus en plus pertinent.
Perspectives 2026 : un marché plus sélectif et des enjeux de rénovation accrus
Avec l’entrée en vigueur de l’interdiction de louer les logements G au 1er janvier 2026, l’enjeu se déplace. L’offre locative de logements performants sera de plus en plus tendue.
Pour les gestionnaires de patrimoine, la veille réglementaire est essentielle. Le calendrier DPE prévoit en effet l’interdiction de louer les logements classés F à partir de 2028. Le marché des travaux va s’intensifier, et la capacité à proposer des solutions de rénovation clés en main sera un avantage concurrentiel majeur pour les agences.
Le DPE ne fait que renforcer la segmentation du marché. Les professionnels qui sauront accompagner leurs clients (vendeurs ou acheteurs) dans cette transition énergétique seront ceux qui tireront leur épingle du jeu dans les mois à venir. La connaissance approfondie des aides et des réglementations locales devient une compétence aussi importante que l’évaluation immobilière elle-même.




