
Immobilier : décote verte, DPE et stratégies gagnantes pour 2026
08/12/2025
Marché immobilier : la stabilisation des taux relance les primo-accédants
08/12/2025Le rebond discret du haut de gamme : les signaux de reprise à saisir sur la Côte d’Azur
Alors que le marché immobilier français traverse une période de correction marquée par la baisse des volumes de transactions, des poches de résilience émergent. Contre-intuitivement, le segment de l’immobilier haut de gamme, notamment sur des zones attractives comme la Côte d’Azur, montre des signes de stabilisation, voire d’une reprise d’activité. Les professionnels aguerris se positionnent pour capter cette demande spécifique, moins sensible aux contraintes de financement traditionnelles.
Une dissociation entre le marché général et l’immobilier de prestige
L’année 2024 a été caractérisée par un repli notable du marché résidentiel dans son ensemble. Les données récentes de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) ou des Notaires de France confirment une contraction des transactions, avec des baisses de volume de plus de 20 % sur un an dans certaines régions. La hausse des taux d’intérêt et les difficultés d’accès au crédit ont mis sous pression une grande partie des primo-accédants et des investisseurs classiques.
Cependant, le marché du luxe et de l’ultra-luxe a montré une dynamique différente. Si la Côte d’Azur a connu un ajustement des prix après des années d’euphorie post-COVID, le segment haut de gamme (biens supérieurs à 1 million d’euros) a révélé une meilleure résilience. Les acheteurs de ce segment, souvent moins dépendants du prêt bancaire, ont principalement été affectés par le facteur psychologique d’un marché en attente d’un point bas.
« Contrairement au marché de masse, les acheteurs high-net-worth (HNW) sont moins contraints par le DPE ou par l’évolution des taux. Ils recherchent des opportunités d’investissement ou des résidences secondaires/principales de prestige. Le marché de la Côte d’Azur, après une période de prudence, semble retrouver une attractivité forte, notamment auprès d’une clientèle internationale. » – Analyse de Barnes International Realty (Rapport T1 2025).
Le retour des acheteurs internationaux et l’effet « patrimoine »
La reprise de l’activité sur la Côte d’Azur est largement tirée par le retour des acheteurs internationaux. Après une phase d’attentisme liée à la conjoncture économique globale, ces clients profitent de la stabilisation des prix et de la faiblesse de l’euro face au dollar.
Les profils d’acheteurs de ce début d’année :
* Les expatriés français : De plus en plus nombreux à vouloir rapatrier leur patrimoine en France, ils sont une source de liquidité importante pour le marché.
* Les investisseurs européens (Belges, Suisses, Allemands) : Ils perçoivent la France comme une valeur refuge, en particulier les zones littorales premium.
* Les acheteurs extra-européens (Moyen-Orient, Amérique du Nord) : Ils sont particulièrement sensibles aux opportunités sur des biens d’exception.
Conséquences opérationnelles : ajuster sa stratégie pour un marché segmenté
Face à cette reprise sélective, les professionnels de l’immobilier doivent ajuster leur approche. L’ère du « tout-venant » est terminée ; la stratégie doit être ciblée et affûtée.
1. Affiner l’expertise du segment de luxe
La connaissance de la clientèle HNW est primordiale. Il ne s’agit pas uniquement de valoriser le bien, mais de comprendre les motivations d’investissement, les contraintes fiscales et les attentes en matière de services associés (conciergerie, gestion de patrimoine). Le rôle du professionnel évolue vers celui de conseil en investissement global.
2. Revoir les outils marketing et la communication
Les circuits de distribution traditionnels (portails grand public) sont moins pertinents pour ce segment. Les agences doivent privilégier les réseaux internationaux (Sotheby’s, Christie’s, etc.), les magazines spécialisés haut de gamme et les événements ciblés. La qualité des visuels (photos HD, vidéos drone, visite virtuelle 3D) devient un standard non négociable.
3. Maîtriser le DPE des biens d’exception
Pour les biens de prestige, le DPE continue d’avoir un impact, même si les acheteurs sont moins sensibles aux coûts de rénovation. Une note énergétique faible peut être un point de négociation. Le professionnel doit être en mesure de chiffrer précisément le coût des travaux de rénovation énergétique pour rassurer l’acquéreur.
Conclusion : perspectives d’un rebond en V pour les zones premium
Si la tendance se confirme au second trimestre, le marché haut de gamme pourrait connaître une reprise plus rapide que le marché général. La Côte d’Azur, forte de son attractivité internationale, est positionnée pour bénéficier de ce phénomène. Pour les professionnels, l’anticipation des besoins de cette clientèle exigeante et la maîtrise de l’expertise locale sont les clés pour transformer cette dynamique en croissance d’activité. Il faudra surveiller l’évolution des taux directeurs de la BCE, car une légère baisse pourrait débloquer définitivement le marché du crédit, y compris pour les acquéreurs de biens plus modestes.




