
Immobilier : les taux relancent les transactions en 2026
26/12/2025
Marché immobilier : l’ajustement des prix impose une nouvelle stratégie.
01/01/2026La stabilisation des taux relance les transactions : le marché à deux vitesses impose un ajustement stratégique
Le marché immobilier français entame la fin de l’année 2025 sur une note de prudence teintée d’optimisme. Après une année 2024 marquée par un ralentissement historique des volumes de transactions, les dernières données de l’Observatoire MeilleursAgents (décembre 2025) et les projections des Notaires de France confirment une stabilisation des taux d’intérêt, qui a un impact direct sur la dynamique du marché. Si la baisse des prix s’est poursuivie dans certaines agglomérations, l’activité redémarre, mais pas pour tout le monde.
Le principal enseignement des derniers rapports est l’émergence d’un marché à deux vitesses. Les acquéreurs solvables – notamment ceux disposant d’un apport important ou effectuant des achats de remplacement sans dépendre d’un financement maximal – reprennent la main. Cette tendance redistribue les cartes et exige des professionnels de l’immobilier une réévaluation de leurs stratégies d’acquisition de mandats et de ciblage client.
La dynamique des prix et des volumes : qui achète et où ?
Les données les plus récentes, couvrant le quatrième trimestre 2025, indiquent un tassement général des prix, mais avec des disparités marquées. Les baisses se concentrent sur les marchés initialement les plus tendus et les biens les plus énergivores.
Une pression persistante sur les prix des « passoires thermiques »
La réglementation DPE continue de structurer le marché. Les Notaires de France ont souligné dans leur dernier bilan trimestriel que les biens classés F et G subissent une décote plus importante que les autres segments, variant de 5 à 15 % selon les zones. Cette situation est exacerbée par les incertitudes réglementaires et le coût de la rénovation, ce qui rend ces biens attractifs uniquement pour les investisseurs disposant de liquidités et de capacités d’intervention rapides.
Le retour des acquéreurs solvables
La Banque Centrale Européenne (BCE) ayant maintenu le cap sur des taux stables en fin d’année, les conditions d’emprunt se sont stabilisées, même si elles restent élevées (autour de 4 % en moyenne pour les prêts immobiliers de long terme). Cette stabilisation a permis le retour d’une clientèle qui avait mis ses projets en pause : les « acquéreurs de confort » ou les investisseurs à long terme. La part des acheteurs avec un apport personnel conséquent (supérieur à 30 %) est en augmentation constante, selon les analyses de MeilleursAgents.
Impacts opérationnels pour les professionnels de l’immobilier
Face à ce marché plus sélectif, les professionnels doivent ajuster leur approche de vente et de marketing. L’expertise devient le principal levier de différenciation.
1. Affiner le ciblage marketing et l’acquisition de mandats
La chasse aux primo-accédants est plus difficile, car leur pouvoir d’achat reste contraint par des taux d’usure élevés. Les efforts marketing doivent se réorienter vers les cibles prioritaires : les investisseurs (notamment pour les biens à rénover) et les acquéreurs de « seconde vie » (mutation, changement de résidence principale, achat d’une surface plus grande). L’offre de services doit mettre en avant l’accompagnement sur le financement spécifique de la rénovation énergétique (Prêt Avance Rénovation, MaPrimeRénov’).
2. Maîtriser l’estimation des biens énergivores
L’expertise en DPE est désormais non négociable pour l’estimation. Les professionnels doivent être capables de justifier la décote appliquée aux « passoires thermiques » auprès des vendeurs, dont les attentes sont souvent basées sur les prix de l’année 2022. Une évaluation précise, intégrant le coût des travaux à réaliser pour atteindre une classe D ou C, est essentielle pour remporter le mandat et garantir une vente rapide.
3. Renforcer le conseil en financement et patrimoine
L’agent immobilier ne peut plus se contenter d’être un simple intermédiaire de transaction. Il doit jouer un rôle de conseiller financier et patrimonial. Face à des acheteurs plus aisés, l’opportunité d’achat est souvent perçue comme un arbitrage entre l’immobilier, l’assurance vie ou d’autres placements. Le professionnel doit être en mesure d’analyser l’impact fiscal et patrimonial d’un achat locatif ou d’une résidence secondaire.
Conclusion : perspectives pour le début 2026
Le début de l’année 2026 s’annonce comme une période de transition. Les analystes anticipent un maintien de la stabilisation des taux, voire une légère détente en milieu d’année si l’inflation continue de reculer. L’effet de rattrapage des volumes de transactions devrait se confirmer, mais sans retour à l’euphorie passée.
Les professionnels qui réussiront en 2026 seront ceux qui sauront s’adapter à cette nouvelle clientèle et maîtriser les subtilités réglementaires. La veille stratégique sur l’évolution des conditions de prêt et l’anticipation des nouvelles règles d’urbanisme locales (Plan Local d’Urbanisme) sont des impératifs pour rester compétitif sur un marché qui favorise l’expertise et la réactivité.




