
Immobilier : la stabilisation des taux crée un marché à deux vitesses
29/12/2025
Immobilier 2026 : stabilisation des taux, les acheteurs reviennent.
04/01/2026Fin de la chute libre : le marché immobilier français face à l’ajustement structurel
L’onde de choc s’atténue, l’ajustement commence
Le marché immobilier français entame l’année 2026 avec une respiration. Après une année 2025 marquée par une correction brutale des volumes de transactions, les signaux de stabilisation se multiplient. Selon les récentes analyses de BFM Immo, basées sur les données des Notaires de France pour la fin de l’année 2025, la baisse des volumes de ventes s’est ralentie au quatrième trimestre. Bien que l’année 2025 ait enregistré une diminution de 20 à 25 % des transactions par rapport à 2024, le marché semble avoir touché un point bas, du moins en termes de dynamique de chute.
Cette stabilisation n’est pas synonyme de reprise massive, mais d’une transition vers une phase d’ajustement structurel. Les professionnels du secteur (agents, gestionnaires, mandataires) se retrouvent face à une nouvelle réalité : la fin de l’euphorie post-crise sanitaire et le retour à une négociation plus saine, mais aussi plus exigeante. La question centrale n’est plus « faut-il vendre ? », mais « comment vendre au juste prix dans un marché qui se segmente ? ».
Le retour de la demande et le dilemme du prix
Le principal moteur de cette stabilisation est le léger assouplissement des conditions de crédit. Les taux d’intérêt, qui avaient grimpé en flèche en 2024, se sont stabilisés voire ont légèrement reculé en fin d’année 2025. Cette amélioration, même minime, a redonné de la solvabilité à une frange d’acquéreurs qui attendaient de meilleures conditions. Le profil de l’acheteur a changé : moins de primo-accédants contraints par le budget, et davantage d’investisseurs (pour la location longue durée ou saisonnière) et de secundo-accédants.
Cependant, le marché reste confronté à un « dilemme du prix ». Les acheteurs reviennent, mais ils sont beaucoup plus sensibles au prix affiché. L’analyse des données de MeilleursAgents pour décembre 2025 montre que si les prix ont cessé de chuter brutalement dans les grandes métropoles (notamment Paris et certaines villes de l’Ouest), la négociation reste la norme. La marge de négociation s’est accrue de 1 à 2 points de pourcentage en moyenne sur l’année écoulée, atteignant 5 à 7 % selon les segments de biens.
Impact opérationnel : adapter sa stratégie face à la nouvelle normalité
Pour les professionnels de l’immobilier, cette nouvelle donne impose des ajustements stratégiques majeurs :
- Gestion des mandats : Le mandat au prix de l’estimation du vendeur n’est plus tenable. Le succès réside désormais dans la capacité à obtenir un mandat au « juste prix » de marché, en s’appuyant sur des analyses de données locales précises. Il est crucial de dédramatiser la baisse des prix auprès des vendeurs, en la présentant comme une correction nécessaire à la fluidité des transactions.
- Ciblage et marketing : Le volume de transactions étant plus faible, la concurrence pour chaque mandat se renforce. Les agences et mandataires doivent affiner leur ciblage. Il ne s’agit plus de faire de la publicité généraliste, mais de cibler des segments spécifiques : les investisseurs pour les biens locatifs, les ménages plus aisés pour les résidences principales, ou les acquéreurs internationaux pour le haut de gamme.
- Expertise et accompagnement : La complexité croissante des dossiers (montage financier, diagnostics, lois de régulation énergétique) rend l’expertise de l’agent plus essentielle que jamais. L’agent doit se positionner non seulement comme un intermédiaire commercial, mais comme un véritable conseiller en patrimoine, capable d’expliquer les enjeux de la revente et de l’investissement.
Perspectives 2026 : une reprise sélective et exigeante
La période de janvier à mars 2026 sera déterminante. Si la stabilisation des taux se confirme et que l’inflation continue de reculer, le marché pourrait amorcer une véritable reprise des volumes. Cependant, cette reprise sera sélective. Les biens mal localisés, mal isolés ou affichés à des prix trop élevés continueront de stagner. À l’inverse, les biens « clés en main » dans les zones tendues (métropoles, zones littorales) retrouveront rapidement des acquéreurs.
Les professionnels doivent se préparer à un marché plus exigeant où la valeur ajoutée de l’agent (expertise de prix, négociation fine) fera la différence. La veille stratégique sur les taux d’intérêt et les politiques locales (notamment sur l’immobilier locatif) est plus que jamais un impératif pour rester compétitif.




