
Immobilier 2026 : stabilisation des taux, les acheteurs reviennent.
04/01/2026
Stabilisation du marché immobilier : le retour des primo-accédants
10/01/2026Le rebond des primo-accédants : le marché de l’ancien retrouve son souffle en périphérie urbaine
Le marché immobilier français est entré dans une nouvelle phase. Après une année 2024 marquée par une correction brutale des volumes de transactions, le début de l’année 2026 s’ouvre sur des signaux de stabilisation. La bonne nouvelle ? Les primo-accédants reviennent en force sur certains segments, portés par une accalmie progressive des taux d’intérêt.
Selon le bilan de fin d’année 2025 publié récemment par les Notaires de France, le volume annuel de transactions dans l’ancien s’est établi à 850 000 unités, marquant un recul significatif par rapport à l’année record 2021, mais affichant une stabilisation des volumes au quatrième trimestre. Plus encourageant encore, les premiers chiffres de 2026 indiquent un « décalage de prix » entre les grandes métropoles et leurs périphéries, où les opportunités se multiplient.
La dynamique des taux : le déclencheur de la reprise
L’actualité des dernières semaines a été dominée par la stabilisation des taux d’emprunt, qui, après avoir culminé, ont entamé une légère décrue. Si les conditions restent plus strictes qu’en 2021, les banques ont ajusté leurs grilles de calcul pour réintégrer les dossiers de clients dont la capacité d’emprunt avait été mise à mal. Cette stabilisation autour de 3,8 % pour les prêts à 20 ans (selon les estimations de début 2026) a un impact psychologique majeur sur les ménages.
L’effet le plus notable de cette reprise d’intérêt est le retour des primo-accédants et des investisseurs. Ces acheteurs, souvent dépendants d’un financement à 100 %, avaient été les premiers à se retirer du marché en 2024. Leur retour en force, couplé à une correction des prix dans certaines zones, est en train de redessiner le paysage transactionnel.
Analyse des tendances : le « vélodrome » des prix et volumes
Si la stabilisation des taux est une excellente nouvelle, elle ne se traduit pas encore par une hausse des prix à l’échelle nationale. Au contraire, le marché se caractérise par une forte hétérogénéité :
Le marché à deux vitesses
- Métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux) : Les prix restent sous pression. Les acheteurs exigent des baisses de prix de 5 % à 10 % par rapport au pic de 2023. Les volumes se reprennent doucement, mais la négociation est la norme.
- Périphérie urbaine et villes moyennes : C’est ici que le rebond est le plus palpable. Les maisons avec jardin, qui avaient vu leurs prix chuter plus rapidement que les appartements en centre-ville, redeviennent accessibles. Le marché des « vélomoteurs » (villes moyennes à moins d’une heure des grandes métropoles) est redevenu très attractif pour les familles cherchant une meilleure qualité de vie.
L’attractivité du neuf et le DPE
En parallèle, le marché du neuf bénéficie de l’avantage DPE (Diagnostic de Performance Énergétique). Les acheteurs, de plus en plus sensibles aux coûts énergétiques, privilégient les logements neufs ou très bien rénovés, ce qui complexifie la vente des « passoires thermiques » dans l’ancien, même en périphérie.
Impacts opérationnels : ajuster la stratégie des professionnels
Dans ce contexte de reprise sélective, les professionnels de l’immobilier doivent ajuster leur stratégie. Voici les enjeux clés pour les trois prochains mois :
Redéfinir le ciblage acquéreurs
Fini la concurrence acharnée sur le stock de 2021. La priorité est désormais de reconquérir les acheteurs de première nécessité. Le portefeuille de mandats doit être réévalué. Les biens en périphérie et les maisons individuelles sont à privilégier pour capter cette clientèle de retour. Les professionnels doivent réactiver leurs bases de données d’acquéreurs qui avaient mis leur projet en pause en 2024.
Expertise financière et valorisation
L’agent immobilier ne peut plus se contenter d’être un simple entremetteur. Une expertise fine des conditions de financement est indispensable pour accompagner les primo-accédants. La « juste estimation » devient cruciale. Comme le souligne un récent article de BFM Immo, une surestimation, même légère, conduit à des mandats non vendus et à une perte de crédibilité face à des acheteurs très informés et exigeants.
Perspectives 2026 : un optimisme modéré mais ciblé
Si la tendance se confirme, le premier trimestre 2026 verra une augmentation des volumes de transactions, principalement dans les zones où la correction des prix a été la plus forte. Les professionnels devront se concentrer sur l’accompagnement des acquéreurs et la valorisation des biens pour éviter le « plateau » des prix.
Le marché de 2026 ne sera pas une course effrénée, mais une marche prudente vers la normalisation. Les agents les plus efficaces seront ceux qui auront su se positionner sur les zones de report de la demande et maîtriser les subtilités du financement actuel.




