
Stabilisation du marché immobilier : le retour des primo-accédants
10/01/2026
Immobilier IDF : reprise sélective, prix en baisse et effet DPE
19/01/2026Le marché immobilier entre en phase de stabilisation : ce que les professionnels doivent savoir pour 2026
Le marché immobilier français a connu une période de turbulence sans précédent, marquée par une hausse fulgurante des taux d’intérêt en 2024 et une chute des volumes de transactions. En ce début d’année 2026, la question brûlante pour les professionnels de l’immobilier n’est plus de savoir si la crise va s’aggraver, mais de comprendre la nature de la reprise.
Selon les dernières analyses de MeilleursAgents publiées en ce début de janvier, le marché entre dans une nouvelle phase. Après un recul de l’activité de près de 30 % sur l’ensemble de l’année 2025, les signaux de stabilisation se multiplient. Les taux d’intérêt, qui avaient dépassé les 4,5 % en 2024, se sont stabilisés autour de 3,8 % pour les prêts sur 20 ans. Cette accalmie sur le front du crédit est le principal moteur du regain de confiance des acheteurs, provoquant un changement de dynamique dans les agences.
La stabilisation des taux relance les primo-accédants
L’indicateur clé de ce début d’année est le retour des acheteurs qui étaient en « mode attentiste » depuis la mi-2024. Les primo-accédants, particulièrement sensibles aux conditions de financement, recommencent à solliciter les banques. La légère baisse des taux et l’allongement de la durée d’endettement (favorisé par les ajustements réglementaires du HCSF) leur ont redonné du pouvoir d’achat.
Ce phénomène se traduit par une hausse des demandes de visites, notamment dans les grandes métropoles où les prix ont connu des ajustements significatifs. Paris, Lyon et Bordeaux, qui avaient vu leurs prix chuter de 5 % à 8 % en 2025, enregistrent une stabilisation des prix au quatrième trimestre. C’est la fin d’une année de « marché acheteur », et le début d’une phase de rééquilibrage.
La gestion de l’offre et la pénurie de mandats
Pour les agences immobilières, cette reprise progressive génère un nouveau défi : la gestion de l’offre. Pendant la crise de 2025, les vendeurs réticents à accepter les baisses de prix ont souvent retiré leurs biens du marché. Aujourd’hui, avec le retour des acheteurs, les professionnels se retrouvent face à une pénurie de mandats de qualité.
« Les volumes de transactions restent inférieurs à la période post-Covid, mais la tension sur l’offre est palpable », observe un rapport des Notaires de France pour le T4 2025. Cette situation crée une pression sur les négociateurs pour obtenir des mandats exclusifs. Les agences les plus performantes sont celles qui ont maintenu un contact étroit avec leurs clients vendeurs potentiels, en leur expliquant que la stabilisation du marché est le bon moment pour vendre, avant que la concurrence ne s’intensifie. L’ajustement des prix à la réalité du marché est toujours nécessaire, mais il se fait désormais dans un contexte de transaction plus fluide.
Perspectives 2026 : de la prudence à l’opportunité
Les perspectives pour le premier trimestre 2026 sont teintées d’un optimisme prudent. Si le marché immobilier ne retrouvera pas les volumes records de 2021, il est en passe de retrouver un rythme de croisière plus sain. Cependant, certains facteurs de vigilance subsistent :
- Le DPE : Les biens énergivores (passoires thermiques) restent difficiles à vendre, même dans un marché en reprise, en raison de l’anticipation des interdictions de location et des coûts de rénovation.
- Les segments de marché : Les biens haut de gamme et les résidences secondaires continuent d’afficher des performances plus résilientes, attirant une clientèle moins dépendante du crédit.
- L’inflation : La persistance d’une inflation élevée pourrait freiner une nouvelle baisse des taux d’intérêt, maintenant la pression sur le pouvoir d’achat.
Pour les professionnels de l’immobilier, l’urgence est de repositionner les stratégies de prospection. L’effort doit se concentrer sur l’acquisition de mandats exclusifs, en valorisant l’expertise en estimation des prix (fondamentale dans un marché en mutation) et en proposant des solutions de valorisation des biens pour se démarquer de la concurrence. La phase de stabilisation est une opportunité pour les acteurs les plus agiles et les mieux informés.




