
Marché immobilier : l’ajustement des prix impose une nouvelle stratégie.
01/01/2026
Taux d’intérêt : Le rebond des primo-accédants en périphérie.
07/01/2026Stabilité des taux : le marché immobilier français face à un point d’inflexion en 2026
Le marché résidentiel à l’aube d’une nouvelle phase de stabilisation
Au début de l’année 2026, l’actualité économique immobilière est dominée par un sentiment de stabilisation, après une période de turbulences inédite en 2024 et 2025. Selon les dernières analyses de la Fnaim et les notes de conjoncture des Notaires de France publiées fin décembre, la chute brutale des volumes de transactions (atteignant des baisses record de plus de 20 % dans certaines régions en 2025) semble s’atténuer. Les signaux d’un atterrissage en douceur se multiplient, principalement alimentés par l’évolution des conditions de financement.
Le principal moteur de cette potentielle reprise n’est pas une augmentation soudaine de la demande, mais une accalmie sur le front des taux d’intérêt. Après un pic observé mi-2025, où les taux d’emprunt sur 20 ans ont dépassé les 4,5 % pour le résidentiel ancien, les indicateurs de la Banque de France montrent une stabilisation et un léger recul en fin d’année. Ce plateau met fin à la spirale infernale qui a vu le pouvoir d’achat immobilier des ménages se contracter de manière drastique, ouvrant la voie à un réajustement psychologique et financier du marché.
Facteurs d’analyse : le retour des primo-accédants et l’ajustement des prix
Le déverrouillage de la solvabilité des acheteurs
La période de forte hausse des taux d’intérêt a gelé une partie significative de la demande, notamment celle des primo-accédants et des investisseurs locatifs. La stagnation des taux à un niveau élevé, mais stable, permet aux acteurs bancaires de retrouver une visibilité. Les professionnels du crédit constatent une reprise des renégociations de prêts et un regain d’intérêt pour les financements longs, notamment pour les profils à revenus stables.
Bien que les taux restent nettement supérieurs à ceux de la période 2018-2022, la fin de leur progression rapide a un impact psychologique fort. Le marché passe d’une dynamique d’urgence et d’incertitude à une phase de « normalisation » des coûts d’emprunt. Pour le professionnel de l’immobilier, cela signifie que les acheteurs qualifiés sont de retour, mais qu’ils restent extrêmement sensibles au prix.
L’indispensable ajustement des prix et la segmentation du marché
La stabilisation de la demande ne se traduira pas par un rebond immédiat des prix. Au contraire, le marché continue de purger les surévaluations accumulées lors de la période d’euphorie. Selon le baromètre MeilleursAgents de janvier 2026, si les prix des biens dits « premium » ou situés dans les grandes métropoles ont vu leur baisse s’atténuer, les marchés ruraux et périurbains continuent d’afficher des baisses de l’ordre de 5 à 8 % sur l’année 2025.
Le marché se segmente : les biens à haute performance énergétique (DPE A/B) ou situés dans des zones attractives pour le télétravail résistent mieux, tandis que les passoires thermiques ou les biens excentrés nécessitant de lourds travaux continuent de subir des décotes importantes. Les vendeurs doivent désormais accepter de s’aligner sur les nouvelles réalités de la solvabilité des acheteurs.
Stratégie professionnelle : cibler la gestion de patrimoine et les mandats au juste prix
Pour les agents immobiliers et les gestionnaires de patrimoine, la fin de l’instabilité des taux modifie la stratégie commerciale. Le discours axé sur l’urgence des taux bas a disparu. Le focus se déplace vers le conseil en investissement patrimonial de long terme et la valorisation des actifs. Deux ajustements stratégiques majeurs s’imposent :
- Le retour du mandat au « juste prix » : Le rôle du professionnel est de faire accepter aux vendeurs des prix en adéquation avec la capacité d’emprunt actuelle des acheteurs. L’expertise locale et la capacité d’analyse des DPE deviennent cruciales pour justifier les estimations.
- Cibler l’investissement locatif : Avec la stabilisation des taux, l’investissement locatif redevient pertinent, notamment dans les zones à forte tension locative. Les gestionnaires de patrimoine doivent se positionner sur ce segment en valorisant la rentabilité locative par rapport aux taux d’intérêt actuels.
Perspectives 2026 : une reprise des volumes progressive, sans emballement des prix
Les trois prochains mois devraient confirmer cette tendance à la stabilisation. Si la Banque Centrale Européenne maintient son cap sur la lutte contre l’inflation, nous pourrions assister à une très légère baisse des taux directeurs au printemps. Cette perspective est un signal fort pour le marché. Pour les professionnels, l’année 2026 ne s’annonce pas comme un retour à l’euphorie passée, mais comme une phase de consolidation saine où l’expertise et le conseil reprennent toute leur importance. Le volume de transactions devrait se stabiliser autour de 800 000 à 850 000 transactions annuelles, marquant la fin de la correction la plus brutale de ces dernières années.




