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Après une année 2024 marquée par un ralentissement brutal des transactions et une correction des prix généralisée, le marché immobilier français semble aborder la fin de l’année 2025 avec de nouveaux signaux de stabilisation. Les professionnels de l’immobilier, qui ont traversé une période de forte incertitude, doivent désormais adapter leur stratégie face à un marché qui, s’il ne retrouve pas l’euphorie passée, offre de nouvelles fenêtres d’opportunités.
L’actualité récente, notamment les indicateurs de la Banque de France et les analyses des grands réseaux de courtiers, confirme un allègement progressif des conditions de crédit. Cette inflexion, couplée à une stabilisation des prix dans les zones tendues, redonne un souffle aux primo-accédants et aux investisseurs qui étaient en retrait.
Le volume de transactions se stabilise : fin de la « décroissance » ?
Les derniers chiffres de l’Observatoire des Notaires de France, couvrant le troisième trimestre et les premières estimations du quatrième trimestre 2025, indiquent un ralentissement de la baisse des volumes de transactions. Si 2024 a vu les transactions chuter de plus de 20 % par rapport à 2023, la fin de l’année 2025 marque un palier.
Dans les grandes métropoles, notamment à Paris et Lyon, la baisse des prix s’est ralentie, voire s’est arrêtée. Les corrections de prix (de l’ordre de 8 % à 12 % selon les secteurs et le type de bien depuis le pic de 2022) ont permis de réinjecter de la solvabilité sur le marché.
**Les chiffres clés à retenir pour l’activité de T4 2025 :**
* **Prix :** Stabilisation ou très légère progression (+0,5 % en T4) dans les zones tendues, après un ajustement de près de 10 % sur les deux dernières années.
* **Crédit :** Le taux d’usure continue d’évoluer, permettant un assouplissement des critères d’octroi pour les banques. La durée moyenne d’emprunt se maintient au-delà de 22 ans.
* **Volume :** Les Notaires anticipent un volume annuel de transactions se situant entre 800 000 et 850 000, loin des 1,2 million d’opérations de 2021, mais le signal de la stabilisation est clair.
Conséquences opérationnelles : le retour des primo-accédants
Pour les agents immobiliers, cette stabilisation change la donne. Fini le « buy side » dominé par la négociation à la baisse et la frilosité. Les professionnels doivent désormais se repositionner pour capter une nouvelle vague d’acheteurs.
Le segment des primo-accédants, particulièrement touché par la hausse des taux, revient sur le marché. Cette clientèle, souvent contrainte par des budgets serrés, a besoin d’un accompagnement renforcé sur le financement et la faisabilité de son projet.
**Adapter sa stratégie commerciale :**
1. **Réactivation des fichiers clients :** Les prospects qui étaient en « pause » fin 2024-début 2025 en raison des taux élevés doivent être recontactés. Les conditions actuelles sont plus favorables.
2. **Partenariat courtier renforcé :** La capacité à présenter un projet de financement sécurisé dès le premier contact est un avantage concurrentiel majeur. Le professionnel doit s’assurer que l’acheteur est solvable *avant* la visite.
3. **Accent sur le DPE :** Avec les enjeux de performance énergétique, les biens classés A/B/C reprennent de la valeur et se vendent plus rapidement. Les agents doivent valoriser cet atout pour les vendeurs et en faire un argument d’achat pour les acquéreurs (économies futures).
Le marché professionnel face à l’adaptation ESG
L’immobilier professionnel n’échappe pas à cette dynamique, bien que les facteurs soient différents. Les bureaux et l’immobilier logistique font face à des enjeux de normes ESG (Environnement, Social et Gouvernance) de plus en plus stricts.
La demande se concentre sur les biens neufs ou récemment rénovés (Classe A) offrant des espaces de travail flexibles et respectueux de l’environnement. Les « passoires thermiques » de l’immobilier tertiaire subissent une décote. Le marché des locaux commerciaux de centre-ville, lui, reste fragmenté, avec un regain d’intérêt pour les petites surfaces de proximité.
Pour les gestionnaires de patrimoine, la revalorisation des biens anciens passe par l’investissement dans la rénovation énergétique.
Perspectives 2026 : vers une normalisation progressive
L’année 2026 s’annonce comme celle de la normalisation progressive. Le marché a intégré la nouvelle réalité des taux d’intérêt et des prix. L’enjeu pour les professionnels sera de s’adapter à une concurrence accrue et de valoriser leur expertise.
La fin de l’année 2025 est une période charnière : la stabilisation des prix est un signal fort pour les acheteurs potentiels. Les agents immobiliers qui réussiront à convertir cette nouvelle confiance en transactions seront ceux qui sauront anticiper les besoins de la clientèle et s’adapter aux nouvelles conditions de marché.




