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13/12/2025Immobilier : Le retour timide des primo-accédants en fin d’année 2025
Un marché en quête d’équilibre face à la stabilisation des taux
Au 2025-12-12T05:00:44.644+01:00, le marché immobilier français se trouve à un point d’inflexion crucial. Après deux années de turbulences marquées par la hausse rapide des taux d’intérêt, les professionnels observent les premiers signes d’une stabilisation de la demande. Si le volume transactionnel reste historiquement bas, une catégorie d’acheteurs refait surface, portée par la perspective d’une décélération des taux d’usure et l’ajustement des prix : les primo-accédants.
Selon le dernier bilan conjoncturel des Notaires de France publié en novembre 2025, la baisse des volumes de ventes a ralenti au troisième trimestre 2025, et les projections pour la fin d’année confirment cette tendance. L’indicateur clé pour les professionnels est la timide réapparition des financements pour les jeunes ménages. Si l’accès au crédit reste difficile pour les plus modestes, l’ajustement des prix de vente dans les grandes métropoles commence à rendre l’acquisition possible pour une frange de primo-accédants disposant d’un apport personnel conséquent.
Analyse des tendances : prix, profils et segments
L’impact de l’effet ciseaux : prix en baisse, volume en attente
Dans les grandes agglomérations comme Lyon, Bordeaux ou Nantes, la correction des prix, entamée au début de l’année, se poursuit. Le baromètre MeilleursAgents de novembre 2025 révèle des ajustements de prix annuels pouvant atteindre -8 % dans certaines villes moyennes, et -5 % à Paris. Cependant, cet ajustement ne suffit pas encore à compenser la hausse des taux d’intérêt (environ 4,5 % à 5 % hors assurance). Le pouvoir d’achat immobilier des ménages a reculé de 20 % à 30 % depuis 2022.
C’est précisément ce décalage entre le souhait d’acheter et la capacité d’emprunt qui caractérise le marché actuel. Les primo-accédants d’aujourd’hui sont contraints de revoir leurs exigences à la baisse : ils visent des surfaces plus petites (F2/F3) et acceptent de s’éloigner des centres-villes pour s’établir en périphérie, là où les prix sont plus conciliants. Le segment de l’appartement ancien de petite et moyenne surface devient ainsi le nouveau champ de bataille de la transaction.
Qui sont les nouveaux primo-accédants ?
Le profil du primo-accédant en cette fin d’année 2025 est dual. D’une part, on trouve les ménages aisés bénéficiant d’un apport personnel élevé, souvent issu d’un héritage ou d’une donation anticipée, qui n’ont pas ou peu besoin de recourir à l’emprunt total. Ces acheteurs profitent de la raréfaction de la concurrence pour négocier les prix à la baisse.
D’autre part, les jeunes actifs aux revenus intermédiaires rencontrent toujours des difficultés. Pour eux, l’achat est souvent conditionné par l’obtention d’un PTZ (Prêt à Taux Zéro) ou d’un prêt bonifié, et par une capacité à s’endetter sur de très longues durées (25 ans). Ces acheteurs sont particulièrement sensibles aux DPE (Diagnostic de Performance Énergétique), car les biens classés F ou G représentent un risque de dépenses futures (travaux de rénovation) que leur budget ne peut pas absorber.
Impacts opérationnels : ajuster les stratégies professionnelles
Le rôle central du conseil en financement
Pour les agents immobiliers, cette période de transition exige une réorientation stratégique. La simple mise en relation ne suffit plus. Le professionnel doit se positionner en tant que facilitateur de financement. La capacité de l’agent à travailler en étroite collaboration avec des courtiers en prêt immobilier et à présenter des solutions de financement réalistes est devenue un avantage concurrentiel majeur.
La gestion des attentes des vendeurs est également cruciale. Face à un marché acheteur qui dicte désormais les prix, les mandats exclusifs doivent être basés sur une estimation ultra-réaliste. Un prix surévalué conduit inévitablement à un bien qui « brûle » sur le marché, repoussant les acheteurs et entraînant une négociation plus agressive à terme.
Saisir l’opportunité des biens « négociables »
Les biens nécessitant des travaux ou affichant un DPE médiocre représentent une opportunité pour le professionnel averti. Ils attirent des primo-accédants disposant d’une capacité de négociation et d’une volonté de réaliser des travaux. Le travail de l’agent consiste alors à valoriser le potentiel du bien et à accompagner l’acheteur dans la projection du budget global (achat + rénovation).
Perspectives 2026 : une vigilance accrue
L’avenir proche du marché des primo-accédants dépendra de l’évolution des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la poursuite des ajustements de prix. Si les taux d’intérêt devaient se stabiliser ou baisser légèrement au premier trimestre 2026, on pourrait assister à une accélération de la reprise des volumes. À l’inverse, si les taux restent élevés, le marché des primo-accédants restera sous forte tension.
Pour les professionnels de l’immobilier, la veille stratégique sur les conditions d’emprunt et l’adaptation des techniques de marketing aux nouveaux profils d’acheteurs sont indispensables pour réussir à capter cette demande renaissante. Il est temps d’aiguiser les arguments et de revenir aux fondamentaux de la négociation.




